Indicateur 20 (
Une déontologie permanente)
Le lobbyiste s’attache à défendre des intérêts légitimes. Les mandats portés ne doivent pas porter atteinte à des principes de développement durable, mais doivent au contraire contribuer à favoriser leur bonne application dans la société.

L’expression « intérêts légitimes » pose problème à plusieurs titres.
1) il sous-entend que certains intérêts ne sont pas légitimes. Il y a un risque de retomber ici dans une forme d’étatisme où l’Etat détiendrait le monopole de la désignation des intérêts légitimes. On l’ a vu par exemple pour la sphère syndicale : seuls 5 syndicats ont longtemps été jugés « représentatifs, au détriment d’autres, alors même que le paysage syndical a vu émerger de nouveaux syndicats, avec parfois un nombre d’adhérents plus importants que les « 5 privilégiés ». De même, les associations environnementales ont longtemps été exclues des discussions parce qu’elles n’étaient pas jugées légitimes par les décideurs publics.
2) parler d’intérêts légitimes sous-entend qu’il existe des critères de légitimité. Certaines causes sont peut-être moins dans l’ère du temps que d’autres mais sont-elles pour autant moins légitimes que d’autres ? Il y a clairement un risque idéologique ici, qui rejoindrait l’opposition stérile que certains aiment entretenir entre « professional groups » (lobbying économique, financier, d’entreprises, etc…) et « citizens groups » (lobbying associatif, pour des causes sociales, humanitaires, etc…). Or chaque cause correspond à un pan de la société ; exclure l’une pour favoriser l’autre aboutit à une forme d’idéologie.
3) hiérarchiser les intérêts avant toute discussion, c’est nuire au principe de pluralisme démocratique qui, par définition, laisse s’exprimer l’ensemble des intérêts en présence : à l’Etat ou au régulateur de d’arbitrer in fine.
Intérêts « légitimes ».. le terme ouvre un débat
Un point important à examiner : une clause de conscience protégeant les salariés contre des pressions de leur hiérarchie
Il faut s’interroger, en tant qu’entreprise, sur les conséquences de l’action que l’on souhaite engager et des intérêts que l’on va défendre pour tenter de faire prévaloir sa stratégie. Dans le cadre d’une démarche RSE, il conviendrait plutôt de favoriser l’intérêt général que l’intérêt particulier, de promouvoir la santé économique d’un secteur plutôt que de protéger ses intérêts historiques ; d’une façon générale, il faudrait éviter tout comportement socialement néfaste. Les entreprises doivent donc quitter progressivement une démarche « entrepreneuriale » classique (défense des purs intérêts, notamment commerciaux et financiers de l’entreprise) pour intégrer une dimension RSE. Le pas à franchir est grand et novateur, les « strates » à convaincre dans l’entreprise sont importantes. Le dialogue avec un « lobbyiste responsable » pourra certainement faciliter cette évolution au sein de l’entreprise.
La déontologie doit porter non pas sur les finalités, mais sur les méthodes de lobbying
La définition des méthodes et de leurs limites doivent être les mêmes pour tous. En revanche, la finalité ne sera pas la même pour tous